Leona : le jugement de la League

Ecrit par Coxie, le 13-07-2011

Il est temps pour Leona de passer son concours d'entrée dans la League des Légendes. Comment va-t-elle se comporter face aux juges, va t'elle survivre à l'épreuve tant redoutée par tous les postulants. Nombreux sont ceux qui ont échoué, rares sont ceux qui ont réussi, sera-t-elle dans la minorité des gagnants ou dans la majorité des perdants. ?

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JUGEMENT DE LA LEAGUE

Candidat : Leona
Date : 1er juillet, 21 CLE

OBSERVATION

Les mouvements de Leona sont gracieux et calculés. Sa démarche, bien qu'élégante, n'a rien à voir avec le dandinement étudié des nobles. Ses pas sont ceux d'une guerrière.

Son armure lui donne un air sophistiqué, mais il est évident que les lieux tels que l'Institut de la guerre lui sont étrangers. Elle passe le doigt sur les gravures raffinées des portes de marbre de la Chambre des réflexions et sursaute à la lente ouverture des portes. Surmontant ses réticences, elle avance dans les ténèbres qui lui tendent les bras.

RÉFLEXION

Par réflexe, Leona chargea son bouclier en énergie afin que la lumière du soleil en émane. Malgré la confiance qu'elle avait en sa technique, les ténèbres demeurèrent. Aucun enfant de Rakkor ne craint l'obscurité, mais Leona se sentit étrangement vulnérable sans les rayons solaires. Était-elle déjà devenue dépendante de leur lumière ? Le souvenir de son éveil était encore frais dans sa mémoire, bien que le soleil eût depuis effectué presque la moitié de son cycle.

Un vent glacial mais familier lui donna la chair de poule ; elle était de retour sur les pentes enneigées du Mont Targon, le jour de sa réalisation. La brise hivernale du Mont Targon était parfumée de l'odeur amère du sang des jeunes « indignes » qu'avait fait couler le Rite de Kor. Il s'agissait d'une cérémonie effroyable mais, étant donné les réserves limitées de nourritures sur le mont, nécessaire. Jusqu'au solstice de leur seizième année, tous les enfants rakkorans étaient entraînés et instruits en vue de ce combat capital.

Leona connaissait tous les garçons et les filles qui étaient tombés ce jour-là. Elle tenta d'ignorer la culpabilité qui la rongeait, cette impression d'être responsable de leurs morts. Plus d'une fois, elle s'était interposée pour les défendre contre les enfants les plus agressifs, car elle aimait particulièrement mettre en échec les petits tyrans. S'était-elle montrée égoïste ? Ses instructeurs martelaient que chaque combat évité était une leçon perdue, que son comportement engendrait plus de mal que de bien. Mais Leona était incapable de rester les bras croisés alors que ses amis souffraient.

Et aujourd'hui, ils étaient morts. Ses instructeurs avaient peut-être raison, finalement.

Elle chercha à croiser les yeux des parents qui observaient, se demandant comment ils avaient pu laisser leurs enfants s'entretuer de la sorte. Ce n'est que plus tard qu'elle comprit que le Rite de Kor mettait également à l'épreuve les observateurs. Le rite consistait à comprendre et accepter le style de vie de Rakkor. S'ils réussissaient, les participants gagnaient non seulement leur place au sein de la tribu, mais ils gagnaient aussi le droit de porter les terrifiantes armes reliques des ancêtres et confirmaient être prêts à accepter tous les sacrifices nécessaires. En cas d'échec, le sol de Rakkor s'abreuvait de leur sang et se repaissait de leurs corps. Même dans la mort ils servaient l'intérêt de la tribu.

Son tour était venu.

Tout autour de la fosse, les guerriers frappaient contre leur bouclier et criaient des encouragements jusqu'à couvrir le rugissement du vent. Le froid lui transperçait les os. On avait donné un petit bouclier et une épée courte à Leona. Son adversaire, Molik, était armé d'une lance et d'un bouclier.

Molik était un bien piètre combattant. Il était lent et ne savait absolument pas comment garder ses appuis. Les balayages ne manquaient jamais de le faire chuter. Leona l'avait jadis défendu mais, cette fois, elle devait lui ôter la vie. Les parents de Molik se trouvaient dans la foule, la mine sombre. Ils connaissaient les faiblesses de leur fils. Les parents de Leona, quant à eux, observaient la scène avec excitation. Leurs inquiétudes allaient bientôt pouvoir cesser. Les réticences de Leona à se conformer à la tradition allaient être terrassées ou allaient causer sa perte. La compassion n'avait pas sa place dans la tribu de Rakkor.

Leona ne voulait pas mourir.

Elle regarda Molik. Son regard était froid. En temps normal, Molik aurait arboré un sourire un peu niais et serait en train d'entretenir Leona de sa passion pour le travail du bois. Il maniait le couteau à découper avec un talent certain, mais il perdait toute sa dextérité avec une épée à la main. Il était désormais un guerrier de Rakkor, un combattant froid et impitoyable.

Le cri du chef marqua le début du combat. Molik hurla et se fendit pour frapper Leona en plein cœur. Elle para l'attaque avec son bouclier et lui asséna un coup de pied dans le tibia. Molik glapit, tomba en avant et réussit tant bien que mal à rouler pour se mettre accroupi. Il donna un coup circulaire avec sa lance dans l'espoir de déséquilibrer Leona, mais celle-ci était trop rapide pour lui.

Elle leva son pied nu et l'abattit brutalement sur le bout de la lance, qui se brisa. Molik se redressa en agitant son bouclier en un large arc de cercle. Ses mouvements étaient lents et prévisibles. Leona plongea pour éviter le coup et frappa Molik dans les côtes avec le plat de sa lame. Il se plia soudainement et rabattit son bouclier pour couvrir son flan. L'épée de Leona était déjà sous son nez.

Sa défaite, bien qu'attendue, était décevante. Elle ne vit que de la honte dans le regard du père de Molik. Molik lui-même semblait sur le point de pleurer. Il savait que ce jour serait son dernier, mais il espérait tout de même mourir plus dignement. Il avait espéré être encouragé par ses parents lors de son ultime combat.

Leona ne pouvait le supporter.

Elle jeta son épée et son bouclier à terre et se tourna vers Jagen, chef de Kor.

« Achève-le », dit-il, les sourcils froncés.

Elle ne détourna pas les yeux. « Non. »

La foule se tut. Elle put entendre le halètement horrifié de sa mère. Tant pis pour l'excitation de ses parents. Au moins, l'affront de ses actions ferait oublier la piètre performance de Molik. Jagen fit un signe de tête à Pantheon, qui se tenait à ses côtés, éclaboussé du sang de son propre Rite de Kor. D'un bond, il se retrouva près de la guerrière. Il se pencha à son oreille.

« Tu dois le faire, Leona. » Ce serait son seul avertissement.

Elle ne quitta toujours pas Jagen des yeux. « Je refuse. »

Jagen descendit à son tour dans la fosse. « Il n'y a qu'un châtiment pour les crimes contre la tribu. » Il agita la main et des lanciers encerclèrent Leona. « Et tu le connais. »

Leona soupira. Elle essaya en vain de décider ce que serait sa dernière pensée. Elle se contenta alors de lever le visage vers le soleil. Elle aurait juré sentir sa chaleur malgré le vent glacial du Mont Targon.

Puis le monde fut noyé dans une lumière aveuglante.

Elle ouvrit les yeux, s'attendant à voir Jagen et les autres étendus par terre autour d'elle, comme ce fut le cas ce jour-là. Elle s'attendait à voir les Rakkorans la dévisager, partagés entre la terreur et le choc. Elle n'avait jamais vu la terreur sur le visage de ses aînés avant ce jour.

Jagen était debout devant elle. Dans ses souvenirs, ce n'était pas ce qui s'était passé. Il serrait l'extrémité d'une lance dans sa main droite. La pointe de la lance, autour de laquelle s'étendait une tache rouge, était enfoncée dans l'estomac de Leona.

Soudain, Leona ne put plus respirer.

« Voilà ce qui aurait dû se passer, Leona. » La voix de Jagen n'avait plus rien de menaçant. Elle était à présent étrangement apaisante, presque rassurante.

Elle hoqueta. Du sang coulait de sa blessure et sa vision se troubla.

« Est-ce tout ce que tu sais faire sans le soleil ? » Il enfonça davantage la lance.

Jusqu'alors, le choc l'avait paralysée. Maintenant, une douleur atroce se répandait dans son corps. C'était exactement ce qu'il lui fallait.

Elle retrouva son regard acéré. Depuis son éveil, elle avait toujours eu des regrets de forcer le soleil à venir à son aide. Elle s'appelait Leona, l'Aube radieuse, et elle était l'avatar du soleil sur Runeterra. C'était à elle de servir le soleil, et non l'inverse.

D'un rapide coup avec la main droite, elle brisa la hampe de la lance. Les yeux de Jagen s'agrandirent. Leona serra le poing et frappa violemment son vis-à-vis à la tempe. Il trébucha.

« Le soleil est toujours avec moi. » Elle lui décocha un coup de pied en pleine poitrine, ce qui le projeta à terre. En un éclair, elle fut sur lui, laissant son sang lui couler sur le visage.

À sa surprise, il rit.

« Pourquoi veux-tu rejoindre la League, Leona ? »

Elle s'immobilisa. Il avait réussi à la désarçonner.

« Alors, pourquoi veux-tu rejoindre la League ? » Son ton était jovial, triomphant.

Elle respira profondément. « Je suis l'élue du soleil. La League devrait se sentir honorée de... »

« Oui, je suis sûr que tu en es convaincue. » Il sourit. « Mais ce n'est pas tout. »

Leona hésita. Il y avait de la vérité dans ses paroles.

« Tu veux te faire pardonner », dit-il. « Pour les enfants de Rakkor que tu n'as pas su protéger. »

Leona se mordit la langue.

« Quelle impression cela fait-il de partager ainsi ton esprit ? »

Jagen savait qu'il n'aurait pas de réponse. Il disparut, et elle fut de nouveau à l'Institut, mais c'est tout juste si elle le remarqua. Elle se tint là, tête baissée, pendant ce qui sembla être des heures. Son bouclier pendait à son côté. Tout à coup, il émit une faible lueur.

La lumière la frappa : si elle avait été épargnée, peut-être était-ce pour accomplir ce qu'il avait dit. C'est ce qu'elle désirait vraiment. Elle se redressa et de son bouclier jaillit la lumière du soleil. La League of Legends allait effectivement accueillir le champion du soleil.

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